Le Culte du Desséché

Le Culte du Desséché

Le culte du desséché est en charge des rites et pratiques funéraires dans les républiques de Technomagie. Une charge particulièrement importante pour éviter que les morts ne reviennent à la vie. C’est une organisation puissante, redoutée et peu loquace. Sa présence est visible sur l’ensemble du territoire des républiques à travers les nombreuses Ziggourat du Desséché, les fossoyeurs détachés dans les campagnes ou les cohortes de pèlerins noirs qui s’aventurent dans le territoire des morts.

1 Origine du culte

Le culte est apparu au cours du premier siècle du Vème age, sous la forme de « compagnies noires » ou « compagnies de pénitents », des compagnies de flagellants venant soulager les villages du fléau de la Malpeste et participants à la reconquête du territoire sur les forces des nécromants.

Selon toute vraisemblance, ces groupes étaient constitués d’anciens initiés du culte de Gosternsko ayant pris parti pour l’humanité dans son combat contre les abominations mort vivantes. Les liens et références entre le culte du desséché et l’ancien culte de Gosternsko sont nombreuses.

Le culte de Gosternsko fut institué pendant la période impériale, mais avec vraisemblablement des origines plus anciennes (liées aux nécromants elfes noirs du IIIème age). C’était un culte théurgique centré sur la mort et la maladie et pratiquant intensivement la nécromancie. Le culte disparut officiellement à la fin du IVeme age avec l’effondrement de l’empire, la disparition de la liche Daedar, et l’invasion des non-morts.

Le culte du desséché partage avec l’ancien culte de Gosternsko un certain nombre de pratiques morbides, d’enseignements et de symboles (notamment les vases canopes).

Il semble également que le culte du Desséché soit à rapprocher du « Culte du Vieux », un des cultes clandestins qui font partie du folklore paysan immémoriale. Culte de la mort mais aussi de l’hiver, de la connaissance et de la sagesse, le culte du Vieux partage un certain nombre de symboles avec le culte du Desséché comme les corbeaux, les racines, ou les nœuds magiques (dont le Valknut).

2 Rôle du culte

L’importance du culte s’explique en grande partie par son rôle premier qui est d’assurer le repos des morts.
Les prêtres du Desséché maîtrisent les rituels permettant d’éviter que les cadavres ne reviennent à la vie sous forme de morts vivants, même si ceux-ci ont été touchés par la Malpeste ou par l’eau ou la terre souillé du territoire des morts. Suite aux ravages produits par l’épidémie de Malpeste au début du Vème age, et les Républiques vivent sous la menace constante d’une invasion des armées des nécromants, c’est une fonction essentielle.

Les prêtres du Desséché peuvent également écouter « la parole des morts », c’est-à-dire recueillir les dernières confidences d’un mort dans un court délai après son trépas, et même visualiser les derniers instants vécu par un cadavre. C’est une fonction importante dans le cadre des enquêtes judiciaires, et le culte prend également en charge l’exécution des testaments et la distribution des héritages.

3 Le Rite Funèbre

Le rite funèbre se décompose en un ensemble d’obligations minimales, qui doivent être remplie par le clergé du Desséché pour tout mort, et un ensemble de services supplémentaires qui permettent d’accompagner les familles dans leur deuil.

A minima, les prêtres du Desséché doivent donc, inscrire les morts sur le registre des décès de leur Ziggourat, disposer du cadavre (le plus souvent en le brûlant sur le bûcher collectif de la Ziggourat), et récolter et disposer des biens du défunt. Les biens des défunts qui n’ont pas de famille ou légataire identifiable constituent une source de revenu non négligeable pour le culte.

Pour les morts plus fortunés, les prêtres du Desséché peuvent fournir un ensemble de services :

  • Service testamentaire, avec le recueil des dernières volontés du défunt.
  • Service judiciaire, avec l’identification de la cause du décès et éventuellement du meurtrier en cas d’assassinat.
  • Service des pleureuses, qui accompagne la famille dans le deuil.
  • Service d’embaumement, visant la préservation du corps pour un ensevelissement.
  • Service d’ensevelissement, avec la mise en caveau privé ou cérémonie d’incinération privatisée.
  • Service mémoriel, chargé de célébrer régulièrement la mémoire du défunt, sur une période plus ou moins longue (et éventuellement à perpétuité pour les notables les plus importants).

4 Organisation du culte

Le culte du Desséché est une organisation puissante, hiérarchisée et réglementée. Plusieurs ordres de prêtres sont constitués avec des rôles et des spécificités propres.

4.1 Les prêtres du desséché

Le gros du clergé du Desséché est formé par les prêtres du Desséché. Ce sont eux qui remplissent la charge principale du culte, c’est-à-dire le service des morts.

Choisis dès la prime enfance parmi les orphelins ou les enfants surnuméraires (confiés au culte par les familles ne pouvant subvenir à leurs besoins), les prêtres du desséché suivent une longue formation. Pendant cette période, qui dure entre 15 et 20 ans, ils ont le statut de « Processionnaires » et sont des assistants serviles pour les prêtres. Les processionnaires portent des robes grossières gris sombre et un capuchon cachant leur visage.

A travers un ensemble d’épreuves initiatiques, ils peuvent ensuite obtenir le statut de « Fossoyeur », c’est-à-dire de prêtre du Desséché avec l’ensemble des prérogatives associées. Des épreuves supplémentaires permettent ensuite d’atteindre le rang d’ « Embaumeur », généralement autour d’une quarantaine d’année, puis celui de « Père Funèbre ».

Tous les prêtres du Desséché sont rattachés à une Ziggourat. Ils occupent les étages souterrains de ces constructions lugubres et sont sous les ordres de l’Echevin qui dirige l’établissement. Certains prêtres expérimentés sont toutefois détachés temporairement dans les campagnes éloignés des Ziggourat pour aller recueillir apporter le service funéraire aux habitant et récolter leurs cadavres.

Les prêtres du Desséché appliquent tous une ascèse stricte, ne se nourrissant que de plantes, pratiquant la mortification de la chaire, l’abstinence sexuelle, la méditation et la scarification.

Ils cachent leurs traits sous de longues robes noires à capuchon, sans aucun ornement, les distinctions (d’Embaumeur ou de Père Funèbre) n’étant marqué que par des scarifications rituelles. Ils respectent cependant une étiquette stricte marquant clairement la hiérarchie dans leur interactions aussi bien par le langage (« Maitre », « Mon Père »…) que par la gestuelle (génuflexion, inclinaison…).

4.2 Les Pleureuses du Desséché

Moins nombreuses que les Prêtres du Desséché, les Pleureuses du Desséché forment les contingents féminins du Culte du Desséché.

Suivant le même principe de recrutement que les prêtres, les jeunes processionnaires sont élevées dès l’enfance par le culte avant de devenir Pleureuse. Certaines poursuivent ensuite leur ascension dans la hiérarchie du culte en devenant « Confidentes » puis « Mère des Douleurs ».

Leur rôle est de réconforter les familles et de les accompagner dans le processus de Deuil. C’est un rôle essentiel pour l’organisation, car c’est aussi la principale source de revenus du culte à travers les divers services du rite funèbre.

Comme les prêtres, les Pleureuses sont rattachées à une Ziggourat mais elles disposent de quartiers spécifiques isolés de ceux des hommes. Elles occupent généralement les étages supérieurs des Ziggourat. Chaque congrégation de pleureuse est sous l’autorité d’une « Mère Funèbre ».

Elles pratiquent le même type de privation et mortification que les prêtres (allant parfois jusqu’à la mutilation), portent des robes noires sans artifice et se couvrent le visage d’un voile blanc.

4.3 Les Pèlerins Noirs

L’ordre des Pèlerins Noirs forment une congrégation d’élite au sein du culte du Desséché. Il est composé de prêtres du Desséché spécifiquement sélectionnés et ayant au minimum le statut d’Embaumeurs.

Basé dans la grande Ziggourat du Barrage, cette congrégation travaille en étroite coopération avec l’ordre des inquisiteurs du Barrage. Leur magie leur permet en effet de se déplacer sans crainte sur le territoire des morts. Il semble que les mort-vivants ne les attaque pas, ou au moins ne repèrent pas leur présence.

Ils forment une unité d’élite, mise à disposition de l’inquisition pour réaliser des missions d’infiltrations dans le territoire des non-morts, accompagner les raids de reconnaissance ou décontaminer des avants postes.

Fidèles au principe de sobriété et d’uniformité du culte du Desséché, l’apparence des membres de la congrégation des Pèlerins Noirs ne se distingue que très peu des autres Prêtre du Desséché. Seul un œil exercé sait reconnaître leurs robes noires plus longue et ample que celle des prêtres ordinaires. Il est plus aisé de reconnaître leur bannière, la « pelle noueuse du Desséché », une pelle de fossoyeur sur laquelle grimpe une racine noueuse et épineuse.

4.4 L’Ordo Corvos

L’Ordo Corvos est une société de prêtre du Desséché. Ils ne forment pas une congrégation à proprement parlé mais plus une organisation parallèle aux institutions traditionnelles du Culte, rassemblant des prêtres autour d’un intérêt commun.

C’est une organisation tournée entièrement vers l’acquisition et la préservation des connaissances liées à la mort et à la non-vie. Elle fut fondée vers le IV ou Vème siècle dans le but de mieux comprendre l’origine de la Malpeste afin de mieux la combattre.

La sélection, la formation et l’organisation des membres de cette société parallèle reste assez obscure. Elle ne semble pas répondre directement à l’autorité du Grand Dessiccateur mais reste néanmoins proche du premier cercle de pouvoir du culte, ayant des membres parmi les Primats Funèbres.

Contrairement au reste du Culte du Desséché qui est strictement hiérarchisé, il semble qu’il règne une certaine égalité entre les membres de l’Ordo Corvos, qui s’appellent entre eux « Frère » et ne respectent pas lors de leurs réunions l’étiquette hiérarchique du Culte. Il semble également qu’il y ait des émanations féminines ou mixtes de l’Ordo Corvos, rassemblant des Pleureuses.

L’Ordo Corvos se voue entièrement à la recherche de la connaissance, par tout moyen accessible : compilation documentaire minutieuse, recherche magique et recherche expérimentale. Ses membres ont la réputation de ne reculer devant rien pour faire avancer leur science et de pratiquer des expériences au mieux moralement condamnable, voire carrément outrancières et dangereuses.

Les insignes complètes de l’Ordo Corvos ne sont pas publiquement connues mais on retrouve des symboles récurrent tels le grand corbeau (signe de curiosité) et les vases canopes (signes d’expérimentations post-mortem) qui indique généralement la présence de l’Ordo.

C’est vraisemblablement pour se garantir des regards indiscrets et du jugement moral de ses contemporains que l’Ordo Corvos cultive le secret. Cela ne fait cependant qu’accentuer la défiance, assurant à l’Ordo Corvos une sinistre réputation.

4.5 La hiérarchie

Le territoire des républiques de Technomagie est maillé par les Ziggourats. Elles ont pour vocation de traiter les cadavres dans les grandes villes et dans les zones à risque d’épidémie de Malpeste (c’est-à-dire le long du fleuve ou aux abords du territoire des morts). Elles envoient également des prêtres dans les campagnes pour récupérer les morts des villages éloignés.

Ce sont aussi des centres de pouvoir pour l’organisation du culte. Elles forment les processionnaires, et concentrent les richesses recueillies par le service funéraire extraordinaire et les dons des morts. Bien que d’aspect austère, elles sont réputées pour renfermer de grandes valeurs dans les profondeurs de leurs galeries souterraines.

Chaque Ziggourat est sous l’autorité d’un Père Funèbre nommé Echevin qui est en charge de la direction locale du culte. Les plus grandes Ziggourat disposent d’organisation complexe avec plusieurs Père Funèbre chargé de superviser des domaines de compétence spécifiques et des spécialistes thématiques.

S’ils disposent de grands pouvoirs dans l’organisation locale du culte autour de leur Ziggourat, les Echevins restent sous l’autorité suprême du chef du culte du Desséché : le Grand Dessiccateur. Celui-ci siège dans la grande Ziggourat du Barrage. Il est entouré d’un premier cercle de conseillers qui sont nommé « Primats Funèbres ». Si la charge de Grand Dessiccateur est à vie, le processus de sélection du Grand Dessiccateur reste secret, faisant intervenir des pratiques occultes de divination.

5 Relation du culte (et rumeurs)

De par son rôle dans les rites funéraires, le culte du Desséché est à la fois un objet de crainte et de respect pour les populations des républiques de Technomagie.

5.1 Relations avec la population

Le culte est également l’objet de rumeurs populaires, concernant parfois le culte entier, les pèlerins noirs ou l’Ordo Corvos. Outre les habituels attributs peu flatteurs (père tristesse, mange-morts, corbacs, corbeau de mauvais augure, etc.), on trouve régulièrement des rumeurs sans fondement sur les prêtres du Desséché qui serait « plus mort que vivant », qui « s’arracherait le cœur et les entrailles », ou qui « ne mangerait pas de viande pour ne pas prendre goût à la chair humaine ». Les accusations de nécrophilie fleurissent également (même si dans ce dernier cas, certains scandales semblent confirmer les rumeurs).

C’est sur l’Ordo Corvos que les rumeurs s’accumulent le plus (notamment concernant la nécromancie et l’anthropophagie) car c’est une branche du culte la plus unanimement crainte et détesté par la population. En effet, le fait que les membres de l’Ordo Corvos ne s’en tiennent pas au strict service funéraire et se consacre plutôt à la recherche de connaissance occultes est source d’incompréhension et réprobation pour la majorité de la population.

Malgré la sombre réputation du culte du Desséché, la population des Républiques de Technomagie, fait également preuve d’une grande dévotion et d’un grand respect du culte dans son encadrement des rites funéraires. Les donations financières, d’objets d’arts ou de terres auprès du Culte sont fréquentes assurant des revenus réguliers et importants au culte.

5.2 Relation avec l’Inquisition

Les relations du Culte du Desséché avec l’Ordre des Inquisiteurs du Barrage sont complexes.

De par sa nature même, le culte du Desséché est une pratique Théurgique. Ce qui va en opposition directe avec les principes de l’Ordre des Inquisiteurs du Barrage qui vise à bannir toute religion et pratique théurgique des terres des républiques de Technomagie. De plus, de pars ses origines proches du clergé de Gosternsko, le culte du Desséché est irrémédiablement lié à la nécromancie. Tandis que l’Inquisition combat au quotidien les hordes mort-vivantes des nécromants sur le territoire des morts.

Cependant malgré ces oppositions fondamentales, le culte du Desséché jouit globalement d’une grande tolérance de la part de l’Inquisition, pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour des motifs historiques et pratiques, le culte du Desséché a eu, et a toujours (via les Pèlerins Noirs) un rôle clef dans la lutte contre la Malpeste et les morts vivants. Mais un autre point important qui justifie la tolérance de l’inquisition tient dans l’organisation du culte : un clergé restreint en nombre, des fonctions précises liées aux rites funéraires, pas de prosélytisme ou de prière dans la population. Cette limitation est vue comme une garantie permettant de limiter l’aspiration théurgique liée au culte à un strict minimum.

Malgré cette grande tolérance, des frictions et incidents ont inévitablement lieu occasionnellement entre les membres les plus fanatisés des deux ordres. Il existe des débats au sein de l’ordre des Inquisiteurs du Barrage entre les tenant majoritaires d’une ligne pragmatique et la tendance dure qui considère que toute théurgie doit être implacablement éliminée.

Le principal point de crispation des rapports avec l’Inquisition est généralement l’Ordo Corvos, qui par sa volonté de recherche de connaissance sort du rôle strictement pratique du clergé (éviter que les morts ne se relèvent). Plusieurs incidents ont eu lieu, dont des massacres de prêtres, mais ce sont resté des cas isolé grâce à la bonne coopération entre les instances dirigeantes des deux ordres, cherchant à éviter les scandales.