Mr Robot

Mr Robot

J’ai commencé Mr Robot. Bon, pour l’instant c’est pas mal.

1 Préambule

D’ordinaire je regarde vraiment (très) peu de séries. J’ai bien conscience que c’est probablement la forme de divertissement préféré de ma génération. C’est pas que je refuse ce média ou que je le trouve mauvais, c’est juste que je trouve ça souvent trop contraignant et que le rapport temps passé / plaisir me semble moins bon que d’autres activités (genre un livre). Ca fait probablement de moi un vieux con, m’enfin je m’en accommode assez bien.

J’ai fini par me mettre à Mr Robot, parce que plusieurs personnes, issues d’horizons différents et toutes avec d’ordinaire plutôt bon gout me l’ont recommandé.

Du coup j’aurais pu attendre de voir la série en entier (ou au moins la première saison) avant de faire un commentaire dessus, mais vu mon rythme de consommation habituel des séries, je suis pas sur que ça arrive si tôt que ça (et la probabilité pour que j’arrête avant n’est pas nulle). Comme j’ai déjà des trucs à dire, je vais les dire, et si besoin je compléterais à l’avenir. Au pire ça fera une série de postes, ce qui, après tout, ne semble pas inadéquat pour traiter d’une série.

2 Mr Qui ?

Mr Robot en gros c’est l’histoire d’un hacker (employé d’une société de sécurité informatique le jour), un peu asocial qui s’associe à un groupe de hacker pour faire tomber une multinationale (« evil corp ») et, si j’ai bien compris, mettre fin au capitalisme.

Voila ce que j’en ai compris en tout cas pour l’instant s01e03.

Bon en gros c’est Néo de Matrix qui rejoins le Project Chaos du Fight Club et qui va chez la psy de Tony Sopranos. Oui je vois pas vraiment d’autre façon de l’expliquer que par des références.

3 Le mix parfait ?

Alors oui forcément ce contexte me parle, et il me plait. Forcément. Ca mélange des trucs qui sont, pour moi, des références culturelles phares de mon adolescence. Celles qui ramènent la douce nostalgie d’une madeleine de Proust, mais aussi sur lesquels je me suis construit intellectuellement et affectivement.

Du coup ce côté best of / hommage est sympa, mais il me fait un peu peur aussi. Est ce que c’est pas un peu abusé ? est ce que je vais voir débarqué dans la même série le reste des références favorites de mes 20 ans ? Genre allons y poussons le délire: le gars rencontre la mafia italo américaine du new jersey, mais en fait c’est des vampires, du coup il s’enfuit dans les bois, il y rencontre des hobbits qui l’emmène à la montagne spirition pour retrouver Derick et Superman pendant que Conan le barbare tabasse Predator. On apprend alors qu’en fait c’est Eric Cartman qui a pris le contrôle d’Evil Corp, du coup y’a Térence et Philippe (joués par eric et ramzy) qui débarquent pour le combat final avec Buffy, Morpheus, et John Rambo. Le tout couvert par une BO signé KoRn, Metallica et System of a Down. Et tout se termine bien sauf que le lendemain il retrouve plus sa caisse.

353

Mouai, c’est bien d’avoir des références cool, mais ca fait pas tout. Est ce que c’est un mec comme moi aux manettes ou est ce que c’est juste un placement marketing malin ? probablement les deux.

Ce qui est sur c’est que ca part avec un contexte qui peut envoyer du lourd. Du coup mon jugement sur la série risque d’être sévère : est ce qu’ils l’ont sublimé, ou est qu’ils en ont juste profité grassement sans y ajouter de valeur?

4 Des persos classiques

Bon c’est forcément un peu tôt pour donner mon avis sur les persos qui vont sans doutes encore évoluer, m’enfin après 3 épisodes (soit presque 2h30) je considère que la caractérisation a quand même eu le temps de se faire un peu.

Et la franchement, pour l’instant, je suis un peu déçu. On a quoi ? un nerd névrosé, génial mais asocial en perso principal. Ah ouai, super original, bravo les clichés.

10824957

Y’a 4 meuf autour, la blonde meilleure amie d’enfance modèle de la vie « normale », la paumé un peu artiste qui deal de la drogue, la hackeuse intelligente mais un peu taré, et la psy (qui me rappelle tellement le Dr Melfi que c’est abusé).

Dans le premier cercle reste à ajouter le chef de l’organisation secrète, un peu en mode mentor charismatique, mais manipulateur, aux motivations pas forcément claire. Et voila, le reste pour l’instant c’est des persos secondaires sans trop d’envergure et des méchants en costard stéréotypés.

c pas que ça soit mauvais ou que ça sonne franchement faux, mais pour l’instant je cherche un peu l’originalité dans la mise en place des persos. Au final je dirais : ok, classique, efficace si c’est bien fait. La série peut ensuite leur donner plus de profondeur, ou au contraire se perdre dans des persos stéréotypés qui surprendront plus … on verra.

5 Une informatique crédible

C’est forcément un truc auquel je suis sensible. Vu que la sécurité informatique est centrale dans la série, reste à voir si ça sonne crédible ou pas.

5.1 A minima pas déconnant

Pour l’instant de ce que j’en ai vu c’est pas mal. Les bon termes sont utilisé dans le contexte (TOR, DDoS, attaque par dictionaire, rootkit, phishing, etc), globalement les techniques d’attaques sont à peu près réalistes. Au sens ou, ça semble pas forcément déconnant, on peut obtenir ces résultats avec ces attaques.

funny-picture-grandma-email-game-computer

Mais ça rend pas forcément les choses vraiment toujours super crédibles pour autant. Ca va quand même un peu vite et donne une illusion de facilité, là où l’essentiel du travail va être en réalité dans la préparation des outils (après oui je suis conscient que montrer le héros passer 2 mois à écrire et débugger un bout de code pour préparer une attaque n’aurait aucun intérêt).

Par contre ce que ça change, c’est que ce temps (qu’on ne voit pas) sera pas investit sans raison: ok de passer du temps pour hacker evil corp. Une approche collaborative sera aussi bien plus efficace qu’un hacker seul dans son coin. Par contre investir un max de temps pour lire les emails de la voisine, ça semble juste pas super rentable.

5.2 L’accès aux données perso

Le truc qui me choque le plus est son accès aux comptes personnels des gens (emails, facebooks, etc…). Généralement il fait ça par une attaque sur le mot de passe via un dictionnaire et un peu de social engineering (c’est quoi le nom de ton chien…). Et là où je trouve que ça déconne c’est qu’on dirait qu’il accède directement aux comptes perso des gens.

Alors que les GAFA sont plutôt pas mauvais pour fournir une base de sécurité, et je suis pas certain qu’une attaque par dico marcherait si bien, en cas de doute google te prévient d’un login inhabituel sur ton gmail, facebook te demande une seconde authentification via l’identification des photos de tes potes… Ca veut pas dire que c’est infaisable, mais pas forcément pratique.

Ce qui me semble plus facile serait d’accéder à la machine perso de la personne à hacker (bien moins bien protégée) et ensuite via cette machine de récupérer les infos perso. En fait plutôt l’approche choisie par le « méchant » hacker avec son faux CD de musique.

Après tu vas me dire, peut être qu’il s’y prend en effet comme ca (en hackant les machines persos plutôt que les comptes) et que c’est pas montré pour pas perdre de temps, le résultat est le même. Oui. Est ce que je pinaille, oui clairement.

5.3 Le message

Ca fait quand même une petite différence en termes de message. Le message « globalement vos mots de passes sont pourris et trops simples » passe plutôt bien dans la série, ca c’est cool.

Par contre le message qui passe pas forcément est celui que les ordis privés sont moins bien protégés que les serveurs des grandes plateformes. Attention, c’est pas que je sois un partisan des grandes plateformes, mais on doit leur reconnaître ça… avant de pointer (ce qui est pour l’instant pas fait dans la série) le problème principal.

Aujourd’hui l’utilisation des données personnelles pour tout connaitre de vous n’est fait par votre voisin le hacker en hoodie (il en a pas le temps), mais directement par les grandes plateformes (qui n’ont pas besoin de vous hacker) et par les agences de sécurité gouvernementales.

En fait ça exagère encore le pouvoir du hacker solitaire. Et ça en fait je trouve ça tellement … bah année 2000, comme vision de l’informatique. On revient aux vielles références.

sgctZ

6 Conclusion

Conclusion, une série qui me transcende pas pour l’instant, je suis pas comme un fou après les épisodes, j’ai vaguement envie de voir la suite, mais bon sans plus. Le principale reproche, qui est un peu paradoxal est que oui, bah c’est plein de trucs que j’aime mélangés, des persos classiques et efficace, mais rien de vraiment nouveau ou de surprenant. Ca aurait été ma série préférée des années 2000, le truc ultime, sauf que les gars, on est en 2016.

Mais une série qui est cool quand même, bon contexte, personnages efficaces, utilisation pas complètement délirante de la sécurité informatique, histoire correcte. J’avoue que je pinaille, restons en à, globalement c’est pas mauvais (et venant de moi on peut considérer que c’est plutôt une bonne série du coup).

On verra (peut être) la suite.

Laisser un commentaire