Beren and Lúthien – J.R.R. Tolkien

Beren and Lúthien – J.R.R. Tolkien

Par delà les cavernes de Mandos, le papa de la Fantasy continue de sortir des bouquins! le dernier en date Beren and Lúthien est sortie l’année dernière et en bon Tolkien-nerd je me suis jeté dessus comme un Nazgûl sur l’anneau. Le temps que ca rentre dans mon cycle de lecture, j’ai terminé ça en décembre, il est tant que j’en parle ici !

1 Le livre

Le livre est une énième production posthume de Tolkien, compilation de vieux textes toujours édité sous la direction de son fils Christopher Tolkien. J’ai chopé une édition en VO avec les illustrations d’Alan Lee (planches couleurs et inserts noir et blanc)… une vrai merveille.

Comme tout livre de Tolkien qui se respecte il y a des appendices, y compris un glossaire des noms assez utile pour se remémorer rapidement qui est qui (d’autant plus utile que certains personnages ont des noms alternatifs selon les versions du texte).

Le livre est en effet une compilation de récit reprenant la même histoire (celle de Beren et Lúthien) dans les différentes versions en prose ou en vers écrites par Tolkien a différent moment de sa vie. Le tout est bien présenté (préfaces et notes) pour piger le contexte et les évolutions des différentes versions du récit.

2 L’histoire

Bon je vais pas tout raconter, d’autant que les vrais connaissent déjà l’histoire (c’est un des axes narratif majeur du Silmarillion) m’enfin replaçons quand même les idées principales. Spoilers !

L’histoire se passe au premier age de la terre du milieu, age épique si il en est. Morgoth, le seigneur du mal, a dérobé les 3 Silmarils (joyaux créés par l’elfe Fëanor) déclenchant une lutte à mort entre les elfes et autres peuples libres d’une part et ses forces ténébreuses de l’autre. Réfugié dans son inexpugnable forteresse d’Angband, il déverse les armées de ses séides maléfiques, orcs, gobelins, trolls, dragons et Balrogs sur les royaumes libres, les faisant tomber les uns après les autres.

L’histoire de Beren et Lúthien, c’est l’alliance d’un chasseur humain et d’une magicienne elfe, amours contrariés, qui vont s’introduire jusqu’au plus profond de la citadelle de Morgoth pour lui reprendre l’un des trois joyaux de Fëanor.

Lúthien dansant devant le trône de Morgoth et Beren sous la forme d’un loup. La cover de l’excellent Nightfall in Middle Earth de Blind Guardian

3 Avis

Alors ça vaut quoi au final ?

3.1 Fan service

Bah j’ai trouvé ça vraiment cool à lire parce que c’est une énième occasion de se plonger dans un univers que j’adore. Ce côté fan service est renforcé par certains détails fun, comme le fait que dans les versions initiale du récit, celui qui deviendra Sauron est en fait un chat. Un putain de chat maléfique, mais bon un chat quoi.

3.2 Mythologie et oralité

Une autre grosse force du livre c’est l’ensemble plus ou moins cohérent formé par les différentes versions, toutes incomplètes, du récit. Il y a un gros travail d’édition du coup et c’est bien visible. Je trouve que c’est intéressant, d’une part pour comprendre le processus créatif mais surtout vis à vis du projet que s’était fixé le père Tolkien: créer une mythologie.

Et si il y a bien un truc qui caractérise les mythologies, c’est qu’elles se basent sur l’oralité, sur des récits transmis de bouche à oreille et altéré petit à petit, avec 250 versions différentes du même mythe dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Et là du coup c’est assez réussi avec toutes ces versions différentes, en proses ou en vers, racontant plus ou moins la même histoire.

Le contrepoint c’est que cette alternance de textes (avec des passages en vers sacrément long) en fait sans doute aussi un livre peu accessible et réservé aux fans. Pour comparaison il est bien moins accessible que l’excellent Children of Hurin qui est probablement mon livre préféré sur le premier age. Mais c’est un livre peut être plus fidèle à l’auteur et à son but.

3.3 La petite touche d’émotion

Enfin je dois dire qu’il y a une petite touche d’émotion à lire ce bouquin qui sera, assez probablement, le dernier de Christopher Tolkien (le gars à 93 ans quand même). Et qui raconte que cette histoire la première fois qu’il l’a entendu c’était quand il était gamin et que son père lui racontait des histoires pour s’endormir, qu’un de ses premiers souvenirs c’est l’image des yeux terribles du loup Carcharoth gardant les portes d’Angband.

Avec cette histoire, qui avait une importance toute particulière et personnelle pour son père, et qui pourtant n’a jamais été publiée de son vivant, il y a quelque chose du passage de relais, de la disparition de cette histoire de la mémoire des vivants pour entrer définitivement dans la littérature.

Une réaction au sujet de « Beren and Lúthien – J.R.R. Tolkien »

  1. J’avoue que j’avais zappé « les enfants de Huron » quand c’est sorti, pensant que c’était juste une manière détournée de faire du fric sur le dos de JRR… Mais ça vaut peut être le coup que je m’y mette !

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